Le melon

Le melon

C’est le faux fruit de l’été par excellence, symbole de convivialité et de fraîcheur, cousin de la pastèque.


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 Un peu d’Histoire :

Cucumis Melo ? Le melon bien sûr !
Son nom est issu du latin : melo, melonis et d’une racine grecque « malum » : pomme, fruit
Rappelez vous notre précédent article ou nous vous disions que « pomme » se dit malum en latin.
Il est apparu il y a plus de 2500 ans sur les Terres africaines et australes en tant que …légume-fruit.
Au départ de forme insignifiante et très peu sucrée, de la grosseur d’un petit poing, ce grand voyageur obtint sa forme actuelle au gré des échanges commerciaux…D’Abyssinie il gagna l’Egypte puis atteignit la Grèce par bateau.
Dans les villas Romaines, on le consommait vraisemblablement à l’égal d’un gros concombre, avec du sel, du vinaigre et des épices.A cette époque, on trouvait des melons dits « brodés », une espèce de forme ovoïde à l’écorce verdâtre, rugueuse comme si elle était parsemée de broderies filiformes.
Pendant fort longtemps il fût considéré comme un fruit d’exception, choyé, rare et dégusté avec parcimonie.
On lui réservait d’ailleurs un traitement à part dans le potager.
Au 15ème, des moines rapportèrent d’Arménie un petit melon amer et sans saveur qui sera cultivé dans le fief papal de Cantalupo en Italie.Le melon « Cantaloup » commença ainsi sa délicieuse métamorphose.Grâce à la patience laborieuse des jardiniers de l’époque, il va prendre de la rondeur, s’alourdir, colorer sa chair en plus orangé et se remplir de sucre.Cette variété aboutie  fut vraisemblablement introduite en France en 1495, au retour de l’expédition de Charles VIII en Italie car Avignon était une cité papale, les échanges commerciaux allaient bon train.
C’est ainsi qu’il va s’implanter sur les terres pontificales avignonnaises gorgées de soleil et qu’il s’étendra vers la région de Cavaillon dont il reste le plus éminent symbole.

Quelques généralités :

Il se développe nécessairement mieux dans des climats de type méditerranéen.
Il est issu de la famille des cucurbitacées.
Il existe plusieurs centaines de variétés de melons en Europe mais les variétés les plus rentables sont seulement développées.
Dans le monde, Chine, Turquie, Iran, Espagne, Etats-Unis, Roumanie, Egypte et Inde produisent plusieurs dizaines de millions de tonnes.
En France, prédominent le Cantaloup Charentais, le Charentais brodé, le Galia, le Vert Olive.
Le Charentais existe en deux variétés : le melon « écrit » (celui qui présente des petites nervures comme des broderies) et le melon « lisse ».
On trouve aussi sur nos marchés le melon de type Canari (ou Melon d’Espagne) de forme plus oblongue, écorce jaune vif, chair blanche et sucrée.
L’attribution de l’appellation « Melon de Cavaillon » se fait suivant un cahier des charges rigoureux qui porte sur des conditions de production exigeantes : qualité de fertilisation, utilisation des produits de désherbage et phytosanitaires, traçabilité du champ sur lequel on le cultive, irrigation …
Certes, tout cela est contraignant mais au final qu’est ce que sa chair est sucrée!
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Les principales régions de production sont :

  • Le Vaucluse
  • Les Bouches du Rhône
  • Les Charentes
  • Le Lot et Garonne
  • Le Tarn et Garonne
  • Le Gers

Même si la France produit massivement, le rendement ne suffit pas à couvrir les besoins de l’hexagone, de fait, elle en importe d’Espagne et du Maroc.

Propriétés nutritives :

Sa valeur énergétique moyenne est de l’ordre de 48 kcalories soit seulement 200 kJoules aux 100 g.
Très riche en eau (90 %) le melon est diurétique et très rafraichissant.
Ce fameux goût sucré est justement dû au saccharose qu’il contient, la couleur orange au carotène.Cette vitamine est essentielle pour la santé de la peau et elle agit dans les mécanismes de croissance cellulaire.
Le carotène possède en outre de grandes propriétés anti-oxydantes, 100 g de melon permettent de couvrir environ la moitié de l’apport quotidien conseillé en provitamine A.
Sa forte teneur en fibres (hémicelluloses et pectines) assure et accélère le transit intestinal.
Le melon concentre une grande liste d’oligo-éléments( fer, zinc, cuivre, manganèse, iode, bore), c’est aussi un excellent pourvoyeur en potassium!

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Le saviez vous :

Noir des Carmes, Prescott à fond blanc, Sucrin de Tours, Petit Gris de Rennes, Rouge de Perse, Serpent … ne sont pas des chevaux de course au tiercé mais des variétés anciennes de melons dont la production est plus rare voire inexistante.En Provence par exemple, le « Verdau de Noel » est un melon à chair blanche et sucré qui fournit de gros fruits rebondis jusqu’en Septembre.Dans un endroit frais, on peut le conserver jusqu’aux Fêtes et il participe à la Tradition des 13 Desserts de Noêl.
On raconte qu’Alexandre Dumas raffolait tellement des melons qu’il négocia un singulier marché avec la Ville de Cavaillon.Cette dernière avait sollicité sa générosité d’écrivain pour augmenter la collection de livres de la Bibliothèque Municipale avec des œuvres lui appartenant.
Il répondit favorablement en proposant un don de quelques centaines d’ouvrages, à la condition que les autorités de la ville lui constituent en échange, par arrêté municipal, une rente viagère annuelle de 12 melons… « car il les aimait fort ! »…
Promesse tenue, le conseil lui fit livrer, jusqu’à sa mort en 1870, une douzaine de melons sucrés à souhait !
Il existe une « Confrérie des Chevaliers de l’ordre du Melon de Cavaillon ».
Animée par des dizaines de membres, cette association crée en 1987, a pour vocation de promouvoir son exception qualitative ainsi que sa participation dans l’économie du terroir.
Cette Confrérie le représente et le célèbre activement lors de la Fête du Melon à Cavaillon qui se déroule début Juillet.
Pour terminer, c’est une erreur de croire que la largeur de l’aréole est un gage de qualité et un indicateur du sexe mâle ou femelle. Les melons n’ont pas de sexe !
C’est juste un signe distinctif de la variété.

Les astuces de Sandrine

Toujours veiller à l’emballer soigneusement dans votre réfrigérateur sinon il contaminera son parfum à tout ce qui l’entoure !
Pour choisir un bon melon, vous devez compter le nombre de tranches.Il faut qu’il en ait 10, pas plus pas moins !
Les séparations doivent être bien tracées et d’un vert soutenu.
Sa petite queue (le pécou) se décolle légèrement ? C’est qu’il est arrivé à maturité.
Il doit être lourd, c’est le gage d’un chair gorgée de sucre et savoureuse et il doit sentir bon !



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