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L’ananas

L’ananas, synonyme de soleil, d’exotisme, d’évasion sous les Tropiques est un fruit excellent qui exalte aussi bien les mets salés que sucrés



ananas

Un peu d’Histoire :

Ce fruit exotique fût découvert en 1493 en Amérique Centrale par Christophe Colomb lors de ses conquêtes du Nouveau Monde.
Bien avant cela, les peuples Amérindiens le cultivaient depuis des milliers d’années, le mot ananas dérive d’ailleurs de la langue Tupi-guarani qui le définissait par « nanà-nanà », le parfum des parfums. Le peuple guarani est l’un des premiers peuples indiens qui est entré en contact avec les occidentaux il y a plus de 500 ans. La tranche d’ananas offerte par ces indigènes était un cadeau de bienvenue désaltérant et inespéré pour les navigateurs-explorateurs après d’ interminables traversées.
Les caravelles espagnoles et portugaises vont ainsi ramener pour l’implanter, le fruit en Europe, aux Philippines, en Chine, en Afrique et en Inde. Dès le 16ème siècle il est cultivé dans presque la totalité des régions tropicales du monde.
Les pays tempérés d’Europe vont s’y intéresser et les Hollandais tenteront de le cultiver sous serre chauffée mais l’expérience est coûteuse même si elle séduit les Cours d’Europe.
On raconte que Louis XIV ordonnera la culture des premiers ananas cultivés sous serres spéciales en France à Choisy le Roi pour plaire à sa maîtresse du moment Françoise d’Aubigné, Marquise de Maintenon. On pense surtout que c’était pour rattraper les anglais et la Hollande qui le cultivaient déjà depuis 30 ans !
En 1732, Louis le Normand introduira une serre hollandaise, structure base à toiture arrondie et grâce à ce nouveau type de culture sous abri, il sera en mesure d’offrir à Louis XV un premier ananas issu de la variété guyanaise Maïpouri qu’on appelle aujourd’hui Cayenne lisse. Cette culture connaît un grand essor et à la Révolution, on compte plus de 800 pieds dans les serres.
Dans les salons mondains, on raconte qu’il était de bon ton de « louer » des ananas pour décorer le centre des tables des banquets, les fruits étant ensuite restitués pour la revente à ceux qui voulaient vraiment les consommer et disposés à en payer le prix fort.
Avec la révolution industrielle, les cargos à vapeur puis l’avion vont rendre l’ananas soudainement plus accessible.
Soit il est acheminé mûr, c’est l’ananas-avion, soit il est cueilli juste avant maturité et c’est l’ananas-bateau, transporté en soutes réfrigérées.



ananas-decoupe

Quelques généralités :

Issu de la famille des Broméliacées, l’ananas est avant tout une herbe vivace tropicale dont le fruit, très parfumé, porte le même nom.
Il ressemble à une grosse pomme de pin surmontée d’un toupet de feuilles vertes ce qui lui valut d’être baptisé pina (pigne) en raison de sa ressemblance, d’où le mot « pineapple » chez les Anglais.
Le terme français est resté beaucoup plus proche de la désignation qu’en faisaient les indiens Guarani : a nana « le fruit excellent ».
Il existe des centaines de variétés mais celle qui prédomine sur le marché est le Cayenne lisse appelé aussi Smooth Cayenne, importé de Côte d’Ivoire, de Martinique et du Cameroun : chair jaune, juteuse et sucrée.
On trouve aussi une variété appelée Red Spanish (ou Caraïbe) cultivée en Amérique centrale et aux Caraïbes, saveur légèrement poivrée et acide, ainsi que le Queen importé d’Afrique du Sud et de l’ïle Maurice, variété à chair plus pâle mais néanmoins très juteuse.


Propriétés nutritives :

Les tiges de l’ananas secrètent dans la chair une enzyme, la broméline, qui, prise lors d’un repas favorise la digestion en séparant les protéines en acides aminés.
Cette enzyme n’est présente que si l’ananas est frais, elle disparaît complètement si l’ananas est en boite ou en jus pasteurisé.
Il faut donc manger l’ananas frais si l’on veut profiter de ses vertus digestives et désintoxicantes.
Très riche en eau, il apporte peu de calories (47cal/100gr) et de sels minéraux. Son jus est vite laxatif si on en abuse.
S’il demeure un excellent draineur et apporteur de vitamine A et C, c’est une idée reçue que de croire que l’ananas fait maigrir et absorbe les graisses.



ananas-demi

Le saviez vous :

A l’époque de Napoléon, on raconte que Madame Junot, Duchesse d’Abrantes, enceinte, eut une envie d’ananas.
Son mari, dévolu et empressé courut tout Paris pour en trouver. Sans succès, malgré les sommes astronomiques qu’il était prêt à débourser.
Ce ne fût qu’après 1892 que le prix de ce fruit rare chuta avec le développement généralisé de la mise en conserve aux îles Hawaï.
L’ananas devient alors accessible à tous, se démocratise et occupe une place désormais familière sur nos tables.


Les astuces de Sandrine

Pour le choisir, il faut se référer à son parfum, sa densité, son poids et non à la couleur de son écorce.
La tige (ou plumet) doit être verte, luisante et fournie.
Il ne faut pas de taches sur l’écorce, signe de fermentation avancée et présage d’un goût désagréable.
Si l’on sait que certains peuvent atteindre plusieurs kilos, les petits ananas sont généralement les meilleurs.







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