La prune

La prune

Prune ou pruneau, quetsche ou mirabelle un fruit d’été plein de bienfaits



prune

Un peu d’Histoire :

Comme l’abricot précédemment évoqué, dame la prune est une vieille et grande voyageuse.
Déjà, 3000 ans en arrière, la Chine et l’Egypte en consommaient. En 1906, on a retrouvé des prunes séchées dans la tombe inviolée de Kha, illustre architecte de Thebes sous la 18ème Dynastie.
C’était la coutume d’en déposer dans les provisions qui sustenteraient le défunt dans son voyage vers l’au-delà.
Ce sont probablement les Croisés qui ramenèrent du Proche Orient quelques spécimens.
Les étrusques (actuelle Toscane) et les Romains la cultivaient sous le nom de Prune de Damas.
Cette même prune que l’explorateur français Samuel de Champlain et les Frères de l’Ordre des Récollets sur les traces de Jacques Cartier introduiront dans la Nouvelle France (le Canada) vers 1600.
Sa culture se répandra en bordure du fleuve Saint Laurent pour donner la mirabelle, la damas pourpre, la damas jaune.
Plus près de nous, l’épouse de François 1er, la généreuse Reine Claude, qui raffolait de ce fruit, lui donna ses lettres de noblesse : la prune Reine Claude.
On raconte que sous son règne, un domestique lui ayant dérobé quelques prunes fût puni par pendaison pour son forfait.
Un peu plus tard, un brigand qui aurait tenté de lui voler ses diamants, fût condamné à la même sanction.
Au moment de l’exécution, le voleur se serait alors exclamé :
« Au moins, si je meurs, ce n’est pas pour des prunes ! »
Sous Louis XIV, le jardinier des vergers de Versailles, La Quintinie, évoqué dans nombre de nos précédents articles, va cultiver la Perdrigon, la Prune Royale, la Drap-d’Or, la Damas.



Quelques généralités :

La prune est le plus répandu des fruits à noyau, c’est une drupe.
Elle peut être noire, rouge, violette ou jaune.
Il existe environ 400 variétés, les plus connues étant la Reine Claude, la Mirabelle et la Quetsche.
L’essentiel de la production se fait en Août et Septembre.
Initialement les prunes sont ramassées fin Aout par secouage de l’arbre et collectées dans de grands filets au sol.
Elles sont ensuite séchées pendant quelques dizaines d’heures dans des tunnels à 75°C, de nouveau triées, calibrées puis stérilisées.
La culture de la prune se répartit en 3 zones de production.
Le Sud Ouest  ou les prunes d’ente sont transformées en pruneaux séchés. « Enté » signifiant greffé car ce seraient des moines de l’Abbaye du Clairac qui auraient croisé une variété de prunier local avec un prunier de Damas.
On distingue quelques variétés plus régionales telles que la mirabelle de Nancy ou de Metz qui se répandent spécialement en Lorraine et dont les 90% de la production se destinent à l’élaboration de confitures ou d’eau de vie.
En Alsace, c’est plutôt la quetsche de forme ovale qui prédomine .
prune-morceaux

Propriétés nutritives :

Manger 4/5 pruneaux par jour, un excellent réflexe pour démarrer la journée !
La prune est constituée de plus de 80% d’eau ce qui lui confère des vertus très désaltérantes.
La capacité antioxydante du pruneau est 2 à 3 fois plus dense que celle de la prune.
Il dispense d’innombrables bienfaits sur la santé :
– sur la constipation car très riche en fibres alimentaires (beaucoup de pectines) favorisant le transit intestinal par ses effets laxatifs.
– sur l’ostéoporose car sa consommation régulière favorise la santé osseuse.
– sur le cancer car des études démontrent que certains de ses composés réduiraient le développement des cellules cancéreuses.
– sur l’anxiété car le polyphénol contenu dans la prune réduiraient les effets anxiolytiques.
– sur les maladies cardiovasculaires car des études menées en laboratoire démontreraient une diminution du risque d’athérosclérose c’est-à-dire le dépôt de lipides sur la paroi des artères entrainant le risque d’infarctus.
– sur le mauvais cholestérol car la consommation régulière de jus de pruneau concentré (antioxydant puissant et naturel) agirait sur  la progression des radicaux libres qui endommagent l’organisme.
– Le jus de pruneau regorge de vitamines (B6, B2, B3, C, K, cuivre, magnésium, manganèse, potassium)

Il a été démontré que c’était un atout santé pour les femmes enceintes (source de calcium et vitamine B9), les sportives (un en-cas à index glucidique modéré très énergétique) et les femmes ménauposées.
Ces dernières constatent généralement à cette étape de leur vie une prise de poids significative tandis que leur masse grasse, leur cholestérol et leur taux de glycémie s’élèvent. Les fibres ainsi que le sorbitol contenu dans le pruneau aident l’organisme à réguler cela.
prune-decoupe

Le saviez vous :

Le terme prune, du latin Prunum est apparu dans la langue française au 13ème siècle, celui de « pruneau » (prune séchée) bien plus tard vers 1500.
Celui de « prunelle » est plus ancien et daterait du 12ème siècle. Il désignait les petits fruits des pruniers sauvages récoltés après les premières gelées d’automne.On en fabrique une liqueur par macération avec de l’alcool et aussi de l’eau de vie  par fermentation et distillation.
Les célèbres pruneaux d’Agen sont produits depuis le Moyen Age en raison de leurs vertus laxatives.
Venu de Chine, les Gaulois le cultivaient déjà sur les bords de la Garonne, cette technique de séchage et de conservation leur ayant été rapportée par les Romains.
On raconte que les Croisés revenant vaincus de leur siège de Damas auraient ramené de ce difficile périple des sacs de prunes, de là viendrait l’expression «  y aller pour des prunes ! » …
Il porte le nom « pruneau d’Agen » du temps ou on l’acheminait sur les gabarres du fleuve depuis ce port, jusqu’à Bordeaux ou les récoltes allaient approvisionner par les mers le reste du monde.
C’était d’ailleurs l’aliment favori des marins de l’ancien temps car il conservait ses propriétés nourrissantes et ne s’altérait pas pendant les longs parcours en mer, les préservant aussi du scorbut.
Niveau saveur, le pruneau mi-cuit est bien meilleur à consommer que son homologue déshydraté industriellement qui lui, a été complètement desséché et qui est regonflé par injection d’eau.

« La prune »,  est un célèbre tableau impressionniste d’Edouard Manet peint en 1878 qui représente une actrice mélancolique et rêveuse de la Belle Epoque, attablée dans un café parisien devant une prune à l’eau de vie.

Quant à l’expression: « tu es la prunelle de mes yeux, tu comptes beaucoup pour moi« .
La prunelle est un diminutif de prune. Dès le XIIe siècle, il désigne la pupille, par analogie de couleur et d’aspect avec les baies du prunellier  qui, comme chacun sait, ont l’apparence de petites prunes.Cette expression date du début du XIVe siècle, mais au XIIIe, on disait déjà « aimer plus que son oeil ». Car cet organe il est vrai a toujours été considéré, à juste titre, comme ayant une très grande valeur pour son propriétaire.


Les astuces de Sandrine

Pour déceler un fruit de qualité vous devez vous en tenir à cette petite astuce.
Le fruit dégage une sorte de pellicule légèrement blanchâtre pour se protéger de la chaleur, ce qu’on appelle la pruine, le givre.
Il s’agit de petites paillettes de cire que le fruit sécrète afin de se protéger de la chaleur.
Si le fruit en est recouvert, c’est un gage de fraîcheur.
S’il n’y en a pas c’est que le fruit a été cueilli trop tôt.
Une prune dénoyautée et coupée en deux mise en sac plastique supporte très bien la congélation.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *